T1 - Suivi de la migration des salmonidés migrateurs en estuaire

Marquage des saumons et des truites de mer afin de déterminer le taux de mortalité dans les eaux de transition et les eaux côtières

Dans le cadre du projet SAMARCH, une étude de télémétrie acoustique a été menée de 2018 à 2020 pour suivre la première migration des jeunes saumons d’Atlantique (SA) et truite de mer (TM) vers la mer ainsi que la migration marine des truites de mer adultes.

Les objectifs du projet étaient d’identifier la durée et période de présence de ces espèces dans les eaux estuariennes et côtières ainsi que le taux de mortalité lors de la traversée de ces environnements très anthropisés.

Le projet s’est focalisé sur 4 sites autour de la Manche, les estuaires du Tamar et du Frome en Angleterre et les estuaires de la Bresle et du Scorff en France (les truites de mer étant très peu présente dans le Scorff, seuls les saumons d’Atlantique ont fait l’objet d’un suivi sur ce site).

Pour en savoir plus sur le contenu de cet axe de travail

 Les avancées du suivi des migrations sont présentées ci-après.

Suivi des migrations des jeunes salmonidés

Le suivi de la migration des jeunes salmonidés a été effectué grâce a l’insertion d’une marque acoustique de petite taille, émettant un bip toutes les 30 secondes, dans la cavité abdominale des individus. Des récepteurs acoustiques installés le long du parcours migratoire des salmonidés enregistrent la date et l’heure de passage de chaque individu, s’ils sont dans un rayon de 200m du récepteur lorsque la marque émet.

En 2018 puis 2019, 60 individus de chaque espèce ont été marqués par site, totalisant le suivi de 835 jeunes salmonidés.

 

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Quelques observations importantes :

Taux de détection

  • Le taux de détection des jeunes salmonidés à la sortie des estuaires, représentant le taux d’individus atteignant la sortie de l’estuaire, varie d’un site à l’autre
  • Pour un même site, le taux de détection des jeunes TM sont généralement plus élevés que ceux des SA.

Durée et période de présence des salmonidés dans les eaux estuariennes et côtières

  • Sur tous les sites d’étude, les jeunes TM ont été détectés plus longuement dans l’estuaire (plusieurs jours) que les jeunes SA (environ 1 jour).
  • De même, les jeunes TM ont été détectés plus longuement dans les eaux côtières (quelques jours) que les jeunes SA (quelques heures).

Vitesse de migration et temps de résidence

  • La vitesse des jeunes TM et SA lors de leur migration est similaire et égale à 1.3 km.h-1 en moyenne
  • Les jeunes salmonidés semblent ralentir leur migration à la transition entre eau douce et eau salée ou aux embranchements où plusieurs directions sont possibles.

Suivi des migrations des truites de mer adultes

En plus d’une marque acoustique, les truites de mer adultes ont été équipées d’une marque enregistrant la température et la pression toutes les 2 minutes, qu’il sera nécessaire de retrouver pour obtenir les données enregistrées. Les données de température permettent de reconstruire la route migratoire des individus en mer et la pression donne des indications sur leur comportement vertical.

Les truites de mer adultes ont été marquées lors des hivers 2017/2018, 2018/2019 et 2019/2020, une fois la reproduction terminée. Au total 258 individus ont été équipés et les premières données ont été collectées.

Quelques observations importantes :

Taux de détection

  • Le taux de retour en estuaire des truites de mer adultes varie annuellement et spatialement, les meilleurs taux de retour étant sur la Bresle et les moins bons sur le Frome
  • Cependant, certains individus de retour de leur migration marine n’atteignent jamais l’eau douce, laissant présumer d’une mortalité en estuaire lors de la remontée des individus vers rivière.
  • La montaison des truites de mer adulte est ralentie par la présence d’obstacle (barrage, écluse), même lorsque des passes a poisson y sont installées. Cependant cela ne semble pas impactée leur survie.

Comportement verticale et géolocation

  • Une fois en mer, les truites de mer adultes ont une forte activité verticale, leur plongée pouvant atteindre 80 m de profondeur.
  • Les comportements verticaux semblent différer d’une population à l’autre, les analyses sont en cours.
  • La reconstruction des routes migratoires n’est pas encore disponible

SAMARCH T1

Source des données : C. Artéro (GWCT), 2020