SAMARCH - Les pêcheurs de salmonidés migrateurs ont donné leur avis !

Publié le 18 Juin 2020 dans Actualités
SAMARCH - Les pêcheurs de salmonidés migrateurs ont donné leur avis !

Dans le cadre du programme SAMARCH, Bretagne Grands Migrateurs et Normandie Grands Migrateurs ont mené une enquête entre novembre et janvier auprès des pêcheurs amateurs aux lignes de salmonidés migrateurs pour recueillir leur point de vue et leurs attentes sur les pratiques de la pêche à la ligne de salmonidés migrateurs (Saumon atlantique et Truite de mer) en Bretagne et Normandie occidentale, afin de mettre en évidence les lacunes et les avantages des modes de gestion actuels.

Au total, 350 pêcheurs se sont exprimés !

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Quel est le pofil du pêcheur répondant ?

     profil pecheur profil pecheur1 Il habite le Finistère (27%), a entre 46 et 65 ans (41%) et est retraité (37%)
profil pecheur1 Il pêche depuis plus de 20 ans (39%), au rythme de 20 à 49 sorties annuelles (32%), principalement au printemps (44%) et prévoit des sorties d’une demi-journée (44%)
profil pecheur1 Il pêche dans le Finistère (54%), particulièrement dans les rivières Ellé et Isole (34%)
profil pecheur1 Il a prioritairement recours de la pêche à la mouche (66%) pour rechercher des saumons de printemps (79%) qu’il garde (38%) ou qu’il remet à l’eau systématiquement (36%)
profil pecheur1 37% de satisfaction globale de la gestion des salmonidés migrateurs

Les répondants sont-ils satisfaits de la gestion actuelle des salmonidés ?

Seulement 37% des pêcheurs répondants sont satisfaits de la gestion des salmonidés migrateurs en général.

 

Côté réglementation, les deux tiers des répondants sont satisfaits par les tailles légales de capture du saumon et de la truite de mer et par le système de déclaration et de bagage des saumons capturés. En revanche, seulement près d’un quart des répondants déclare être satisfait du contrôle mené par l’État, les gardes-pêche fédéraux, particuliers et un seulement un tiers des répondants est satisfait de la gestion de la pêche de la truite de mer. Enfin, moins de 50% des pêcheurs répondants sont satisfaits par les techniques de pêche autorisées et interdites.

A propos de la qualité de la pêche, près des trois quarts des répondants sont satisfaits de la longueur des parcours, plus de 60% des répondants sont satisfaits par l’accessibilité des parcours et la moitié se disent satisfaits de la fréquentation des parcours. En revanche, seulement un peu plus d’un quart des répondants déclare être satisfait du succès de capture.

Quant au coût de la pêche, plus de la moitié des répondants déclarent être satisfaits du coût de la pêche et 42% sont satisfaits du coût du timbre migrateur.

Quelles pistes pour améliorer la gestion des salmonidés migrateurs ?

De nombreux répondants ont souligné l’importance de simplifier et d’homogénéiser entre rivière, départements et même régions (Bretagne et Normandie) la réglementation et de la rendre facilement compréhensible et accessible via les moyens de communication modernes (Internet, smartphone…).

  •  La gestion des TAC

La piste les plus évoquée par les répondants pour améliorer la gestion par TAC du saumon de printemps est l’autorisation de la pêche du saumon de printemps uniquement en no-kill (51%), suivie par la proposition de supprimer la gestion par TAC du saumon de printemps et instaurer un autre mode de gestion (30%).

Parmi les pistes pour améliorer la gestion par TAC du castillon, l’autorisation de la pêche du saumon du castillon uniquement en no-kill est la piste la plus citée (52%), suivie par la proposition de supprimer la gestion par TAC du castillon et instaurer un autre mode de gestion (35%).

En expression libre, les quotas de capture sont globalement satisfaisants du point de vue des pêcheurs. En revanche, le quota par rivière des castillons est jugé trop éloigné de la réalité de terrain.

  • Les pratiques de remise à l'eau

Concernant les pratiques de remises à l’eau, l’autorisation de la remise à l’eau après l’atteinte des TAC est la piste la plus citée (56%), suivie par la proposition d’une remise à l’eau obligatoire (46%).

L’intérêt, notamment pour le développement du tourisme, de pouvoir poursuivre la pêche après l’atteinte du TAC sous certaines conditions a été cité à plusieurs reprises. De plus, les pêcheurs étant des sentinelles des cours d’eau, leur présence est importante durant toute la saison.

En expression libre, plusieurs répondants soulignent l’importance de sensibiliser les pêcheurs sur les bonnes pratiques de remise à l’eau.

  • Les techniques de pêche

Pour 87% des pêcheurs répondants, il faut interdire certaines techniques de pêche. La pêche aux appâts naturels (vairons, vers, crevettes) est la technique à interdire la plus citée en expression libre par les pêcheurs répondants. L’utilisation d’hameçons simples sans ardillon pour la pêche à la mouche et au leurre doit également être encouragée voir imposée. Enfin, l’interdiction de la pêche au filet par les amateurs et les professionnels dans les estuaires et à proximité des estuaires est citée à de nombreuses reprises.

  • Les quotas individuels

Au niveau des quotas individuels, l’établissement d’un quota de captures autorisées de saumon par pêcheur et par saison pour l’ensemble des départements de Bretagne et de Normandie est la piste la plus évoquée (48%), suivie par la proposition d’uniformiser entre les départements le nombre de captures autorisées de saumon par pêcheur et par saison (42%). Certains répondants souhaiteraient même un quota individuel pour le saumon par pêcheur pour l’ensemble de la France.

En expression libre, de nombreux répondants souhaiteraient une diminution des quotas individuels pour le saumon (printemps et castillon) et une instauration d’un quota individuel pour la truite de mer (journalier et/ou saisonnier).

  • La taille légale de capture

Pour la truite de mer, l’augmentation de la taille légale de capture est la piste privilégiée (82%) pour une meilleure gestion de la taille légale de capture de la truite de mer. Pour le saumon, l’augmentation de la taille légale de capture est également la piste privilégiée (plus de 65%).

En expression libre, plusieurs répondants soulignent l’intérêt de l’instauration de fenêtres de capture pour le saumon et la truite de mer ou d’instaurer une double maille (taille minimale et maximale de capture) afin de préserver les poissons les plus grands (meilleurs géniteurs).

  • Les parcours de pêche

La création de plus de parcours spécifiques (mouche, leurre, no-kill …) est la piste la plus indiquée (58%), suivie par la proposition de l’amélioration de l’accessibilité des parcours (39%), notamment pour les personnes en situation de handicap

En expression libre, plusieurs répondants soulignent l’intérêt d’imposer une réservation obligatoire (gratuite où à un coût très limité) pour certains parcours afin de limiter le nombre de pêcheurs et ainsi augmenter la qualité de la pêche. Une meilleure information des parcours est également citée à plusieurs reprises sur les sites Internet et en bordure de cours d’eau.

  • La réglementation et le contrôle

Au niveau de la réglementation, l’amélioration de l’accès à la réglementation et information sur les salmonidés migrateurs est la piste la plus citée (63%), suivie par la simplification de la réglementation (55%).

A propos des mesures de contrôle à mettre en place, l’amélioration des dispositifs d'alerte au braconnage est la piste plus citée (91%), suivie de l’amélioration du lien entre structures gérant la pêche et le contrôle (65%).

En expression libre, de très nombreux répondants soulignent le manque de contrôle notamment en période estivale et plusieurs répondants soulignent l’intérêt d’indiquer sur la carte de pêche les coordonnées du service à contacter en cas de braconnage, pollution … Les pêcheurs souhaitent plus de contrôle en estuaire et en mer et l’interdiction de la pêche aux filets.

  • Le système de marquage et de déclaration

52% des répondants souhaitent l’instauration d’un système de déclaration obligatoire pour la truite de mer

De nombreux pêcheurs répondants souhaitent l’instauration d’un système de déclaration obligatoire en estuaire et en mer pour les pêcheurs amateurs et un accès aux données de captures des pêcheurs professionnels pour les salmonidés migrateurs.

En expression libre, de nombreux pêcheurs soulignent l’importance du suivi des déclarations de captures en temps réel et de la consommation des TAC. Le modèle ChasseAdapt développé pour la chasse est citée à plusieurs reprises pour être adapté à la pêche des salmonidés migrateurs.La suppression de la bague physique est également évoquée. Il est également suggéré de fournir 2 bagues par pêcheur ; les dépositaires étant souvent fermés le week-end.

  • Les périodes d'ouverture de la pêche

Parmi les pistes pour améliorer la gestion des salmonidés migrateurs sur les périodes d’ouverture et de fermeture de la pêche, le décalage de l’ouverture de la pêche pour préserver les ravalés est la piste plus citée (64%), suivie de la suppression de l’ouverture de la pêche à l’automne citée par un tiers des répondants.

En expression libre, plusieurs pêcheurs évoquent la nécessité de limiter la pêche du saumon en été lorsque l’étiage est sévère et la température de l’eau très élevée. Permettre la pêche du saumon durant tout le mois de juin est évoqué par plusieurs répondants.

  • Le prix du timbre migrateurs

La création de timbres migrateurs spécifiques moins chers (« no-kill » et jeune) est la piste plus citée (81%), suivie de la création de timbres migrateurs temporaires (journalier ou hebdomadaire notamment pour le développement du tourisme pêche) citée par plus de la moitié des répondants.

En expression libre, plusieurs pêcheurs évoquent le fait que les pêcheurs à la raquette en baie du Mont Saint-Michel devraient s’acquitter du timbre migrateurs ainsi que les pêcheurs d’aloses et d’anguilles sur l’ensemble du territoire afin de participer à l’effort de gestion sur ces espèces.

 La pratique de la pêche à l'étranger

50% des répondants déclarent avoir déjà pratiqué la pêche de salmonidés migrateurs dans un autre pays (N=303). 26% des répondants pratiquent la pêche à l’étranger ponctuellement (moins d’une fois par an) et un quart la pratique environ une fois par an.

L’Irlande est le pays le plus visité pour la pratique de la pêche de salmonidés migrateurs (42%), suivi par la Norvège (14%), puis l’Ecosse (12%) et le Canada (8%).

La Norvège et le Canada sont les pays les plus plébiscités par les pêcheurs répondants pour la qualité de la pêche (quantité de poissons, succès de capture, état sanitaire des poissons, origine sauvage des poissons, …). 95% de répondants satisfaits contre 64% en France. La Norvège est le pays le plus satisfaisant en ce qui concerne le contrôle et la garderie (90% de répondants satisfaits), suivi par l’Irlande et l’Ecosse, chacun 86% de répondants satisfaits contre seulement 22% en France. Sur la question de la réglementation, la gestion de la pêche en Norvège est considérée satisfaisante par 95% des répondants suivi de l’Irlande et de l’Ecosse, chacun 86% de répondants satisfaits, contre 54% en France. L’Irlande et l’Ecosse sont les pays les plus plébiscités par les pêcheurs répondants pour en ce qui concerne la fréquentation des parcours, chacun 80% de répondants satisfaits, contre 50% de répondants satisfaits en France. Le Canada est le pays qui développe la meilleure communication et accès à l’information selon les répondants, avec 81% de satisfaits, suivi par la Norvège et l’Ecosse, chacun 80% de répondants satisfaits de la communication et de l’accès à l’information L’Ecosse est le pays où le coût de la pêche est le plus satisfaisant avec 63% de répondants satisfaits. A l’inverse, la Norvège est le pays le moins plébiscité concernant le coût de la pêche avec seulement 44% de répondants satisfaits.

Merci pour leur contributuon !

Les résultats de cette enquête permettront d’identifier des pistes d’amélioration et de nouvelles orientations de gestion. Suite à cette enquête, ces orientations seront analysées au regard des politiques de préservation et de restauration des populations.

 

 

SAMARCH est un projet de 5 ans bénéficiant d'une subvention de 5,8 millions d'euros du programme Interreg France-Manche-Angleterre de l'Europe